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DENYS
PAUL-HUS
Un bel élan de solidarité
Nous avons tous été touchés par le triste destin
d’Alexandre Morin. La mort d’un enfant n’est pas et
ne sera jamais acceptable. Ce n’est pas normal que
des parents survivent à leur enfant et nous ne
pouvons que leur offrir notre soutien. Bien mince
consolation pour les parents d’Alexandre, comme
pour toutes les mamans et tous les papas qui
perdent un enfant.
La disparition d’Alexandre a par contre donné
lieu à un élan de solidarité exceptionnel. Seulement
le samedi, quelque 1500 personnes se sont donné
rendez-vous pour aider aux recherches du jeune
athlète, répondant à l’appel de Louis Garneau
dont le fils William était proche d’Alexandre. C’est
impressionnant. Ça rappelait les grandes corvées,
légendaires en Beauce, alors que les voisins
accouraient, par exemple, pour aider un cultivateur
dont la ferme avait passé au feu. En quelques
jours, tout était rebâti. C’est ce même esprit qui a
prévalu lors de la disparition d’Alexandre. Tous se
sont donné la main dans l’espoir d’aider les parents
à retrouver leur enfant sain et sauf.
On le sait maintenant, Alexandre était malheureusement
décédé lorsqu’il a été retrouvé.
Cependant, sans ces recherches intensives que seul
permettait cet élan de solidarité, les parents
n’auraient retrouvé le corps d’Alexandre qu’au
printemps. Et dans de telles circonstances, le
printemps paraît encore très lointain.
Éditeur
Il n’est pas nécessaire de discourir longtemps
pour convaincre des avantages qu’offre la solidarité,
et ce, peu importe le domaine. C’est
toujours en équipe qu’on se rend le plus loin. C’est
ensemble qu’une société peut se donner les
moyens de réussir. Ainsi, par exemple, on aura
beau leur trouver bien des défauts, et ils sont effectivement
très perfectibles, les systèmes de santé et
de l’éducation publics, comme ceux que nous
avons, sont le gage d’une société qui a réussi. Et
cela se réalise lorsque chacun accepte de payer
pour que même les plus déshérités aient une
chance. Ça aussi, c’est une forme de solidarité.
L’individualisme extrême n’a jamais donné de
grands résultats et on l’a constaté maintes fois.
Rappelons-nous la grande crise des années 1930,
alors qu’aucun filet social n’existait. Regardons ce
qui se passe dans les pays où le chacun pour soi
règne en maître. C’est pour cette raison qu’il est
toujours bon et réconfortant de voir des élans de
solidarité naturelle, comme celle qui a surgi pour
Alexandre. Mais il n’est pas nécessaire d’attendre
les drames pour s’entraider.
Bonne lecture !
Denys Paul-Hus