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ANGÈLE DUBEAU
30 ans de rires et de larmes
avec Arthur
PAR JEAN FRENETTE
En 1977, Angèle Dubeau a 15 ans, elle
termine le Conservatoire et entame sa
carrière sur scène avec un agent et des
tournées internationales. Mais ça lui prend
un violon ! C’est alors que ses parents entendent
parler du grand violoniste acadien Arthur Leblanc qui
ne pratique plus son art, mais qui a longtemps
joué sur un Stradivarius. Ils apprennent aussi qu’il
demeure à Québec… « Mon père a pris le bottin et a
téléphoné à tous les A. Leblanc de Québec, se souvient
Angèle Dubeau. Lorsqu’il a finalement trouvé le
bon, il s’est aperçu qu’il habitait au 13, appartement
13, de la rue Sainte-Angèle… » C’est ainsi qu’Angèle
Dubeau joue sur un Stradivarius depuis 30 ans. Elle
l’appelle affectueusement Arthur.
Pour souligner ses 30 années de carrière, Angèle
Dubeau a donc pris le parti de lancer un nouvel album
sur lequel elle se retrouve seule, avec Arthur, son
Stradivarius, bien sûr. Un pari audacieux mais réussi.
Mais pourquoi choisir d’être seule après avoir joué
avec tant de musiciens au cours de sa carrière ? « À la
base, tout cela vient d’une femme qui, à l’âge de quatre
ans, a eu un violon dans les mains, et qui en joue
donc depuis 40 ans, raconte Angèle. Moi avec mon
violon, le travail se fait, seule à la maison, tous les
jours. Ce qui fait que je carbure autant à la musique,
c’est qu’à la base ça commence avec un violon, une
passion. C’est sûr qu’entre musiciens on s’épaule, on
se devine. Mais Angèle Dubeau a toujours été soliste.
Même avec La Pieta, je suis soliste et chef aussi. Donc,
pour mon 30e anniversaire de carrière, faire un album
violon solo sans artifice, c’est moi. »
Les émotions à fleur de peau
Ce disque, Solo, c’est le vécu d’une femme de
44 ans. Par le choix et la diversité des musiques qui y
sont enregistrées, Angèle Dubeau est certaine que les
gens qui la connaissent la reconnaîtront aisément.
« Quand je joue, je parle avec mon instrument ; la
Rencontre avec… CULTURE
musique transmet des émotions, des sentiments. Si tu
n’en as pas vécus toi-même, c’est difficile. Un violon
peut chanter, peut pleurer, peut crier, peut rire, peut
giguer… Il fait tout ce que tu veux ! C’est donc toute
ma gamme d’émotions qui se trouve sur Solo,
puisque je suis seule. C’est vraiment à fleur de peau. »
Des vies en musique
Si, sur son nouvel album, Angèle livre ses émotions,
Arthur, son violon, raconte presque sa vie…
Comment ? Par le choix des œuvres interprétées. « Je
ne voulais pas que mon disque soit un puzzle qui s’en
va n’importe où, je voulais un fil conducteur. »
PRESTIGE MARS 2007
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Photo : Laurence Labat