Prestige Magazine - IndexPrestige Magazine - magazine - IndexCadillac de General Motors demeurait la grande
voiture de luxe. Mais Chrysler avait lancé, à l’automne
1954, la luxueuse Imperial, et Ford en fit tout autant
en lançant la Continental en 1955. Cette dernière était
la première voiture nord-américaine à être offerte au
prix astronomique de 10 000 $.
Les «Trois Grands»… et les autres
En 1955, presque toutes les voitures vendues à
Québec provenaient des usines ontariennes de ceux
que l’on appelait les Trois Grands de l’automobile :
GM, Ford et Chrysler. La grève de Chrysler en 1950
lui avait coûté le deuxième rang en faveur de Ford.
Et puis, il y avait les autres fabricants d’automobiles
que l’on appelait les indépendants. Ils étaient de
moins en moins nombreux. Aussi incroyable que cela
puisse paraître, il y avait 140 compagnies en 1916 qui
produisaient des automobiles aux États-Unis. Il en
restait 88 en 1921. Il n’y a en avait plus que six en
1955 : GM, Ford, Chrysler et les trois compagnies
issues des grandes fusions de 1953 et 1954 :
Studebaker et Packard, Nash et Hudson ainsi que
Kaiser et Willys. Les « indépendants » étaient incapables
d’absorber les frais de renouvellement de leur
outillage pour tenir leurs modèles au goût du jour.
Des gens de Québec aimaient toutefois se singulariser
en se promenant au volant d’une flamboyante
Studebaker.
Les quartiers des concessionnaires
Ce jour de 1951 où, dans un Colisée en fête, on
avait donné une Nash à Jean Béliveau, semblait déjà
chose du passé. Henri Giguère, qui avait fondé son
garage en 1933 dans le quartier Saint-Roch, ne vendait
plus de Nash et était fier d’être devenu, en 1953, un
concessionnaire GM offrant la Pontiac et la Buick.
BUICK 1955
Histoire CULTURE
Traditionnellement, depuis le début du XXe siècle,
Saint-Roch était le quartier de l’automobile à Québec.
Le garage Morisset de la rue Prince-Édouard vendait la
Dodge et la DeSoto. Faisant de bonnes affaires,
François Morisset avait pu acheter le magasin J.-B.
Laliberté en 1950. À la Pointe-aux-Lièvres, se trouvait
l’édifice moderne de Laurentide Automobiles, rue
Dorchester. Cette entreprise avait été fondée en 1932
par Calixte Champoux, ancien propriétaire d'une
scierie à Restigouche. Il était devenu le grand concessionnaire
Ford de la région de Québec. Et c’était
toujours dans ce même quartier Saint-Roch que
l’on trouvait le grand concessionnaire Chevrolet,
J.-L. Drolet, boulevard Charest.
Limoilou, où les terrains étaient plus vastes, était
devenu le quartier de l’automobile à la mode.
Montcalm Automobiles avait été fondé en 1947 par
Jules Prémont et Jacques Arsenault. Ceux-ci vendaient
la Mercury et la Lincoln et les deux voitures canadiennes
de Ford : la Meteor et la Monarch. En 1948,
Universal Auto, grand concessionnaire Chrysler et
Plymouth fondé dans Saint-Roch en 1924, s’était
établi sur la 1re Avenue. Depuis 1953, Albert Barré
était concessionnaire Chevrolet et Oldsmobile sur le
chemin de La Canardière. Le seul concessionnaire de
la Haute-Ville, Maisonneuve Auto, avait ouvert ses
portes en 1929. Il n’y avait pas encore de concessionnaire
le long des grands boulevards de la banlieue.
En cette année 1955 où régnaient sans partage les
belles voitures américaines, un Québécois qui aurait
osé parler d’automobiles japonaises ou coréennes
aurait eu l’air ni plus ni moins d’un Martien égaré. Eh
bien, on peut prédire aujourd’hui que les voitures chinoises
occuperont une bonne part du marché à
Québec en 2025. Et seuls les Martiens égarés ne le
croient pas ! �
PRESTIGE MARS 2007
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